Réflexion de Les Amis de la Terre-Togo sur la question climatique justifiant sa position contre l’exploitation du pétrole au Togo


I. Les provisions de la Conférence des Parties (COP 21) à la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CNUCC), une opportunité pour la protection de l’environnement

L’adoption de l’Accord de Paris par 197 Etats lors de la COP 21 en 2015, à Paris, a été un tournant dans l’histoire de la mobilisation et de la lutte internationale contre les changements climatiques. L’Accord impliquait, entre autres, la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) et, par conséquent, la limitation des effets des changements climatiques d’une manière stricte. Cet engagement sans précédent de la part des Chefs d’Etats a fait de ce traité un instrument international devant guider à la fois les pays développés et en voie de développement à atteindre la cible des 2°C voire 1.5°C à la fin de ce siècle par rapport à l’ère préindustrielle.
Cet accord consensuel s’articule autour de trois objectifs : l’atténuation des émissions de GES, l’adaptation aux effets des changements climatiques et la facilitation de l’accès aux sources de financement.
L’Accord de Paris contient :

  • - Des engagements de la part de chaque pays pour réduire les GES ;
  • - Des règles pour contrôler les efforts entrepris ;
  • - Des solutions pour financer durablement la lutte et l’adaptation au changement climatique des pays en voie de développement (Fonds vert pour le climat : 100 milliards de dollars par an à partir de 2020) ;
  • - Un agenda des solutions regroupant les initiatives des acteurs non gouvernementaux.
  • - Reconnaître le rôle des communautés et des femmes dans la promotion de méthodes de gestion communautaire des forêts résilientes au climat en confiant la gestion des forêts aux populations locales qui demeurent les meilleures gardiennes des forêts.

L’Accord, en contribuant à la mise en œuvre de la Convention-cadre des nations unies sur les changements climatiques, notamment de son objectif, vise à renforcer la riposte mondiale à la menace des changements climatiques, dans le contexte du développement durable et de la lutte contre la pauvreté. En vue d’atteindre l’objectif de température à long terme, les Parties cherchent à parvenir au plafonnement mondial des émissions de GES dans les meilleurs délais. Elles ont établi, communiqué, actualisé les contributions déterminées au niveau national, et se sont engagées à prendre des mesures internes pour l’atténuation en vue de réaliser les objectifs desdites contributions.
Par ailleurs, les Parties établissent leur objectif en matière d’adaptation consistant à renforcer les capacités à accroître la résilience aux changements climatiques et à réduire la vulnérabilité à ces changements, en vue de contribuer au développement durable. Il convient de noter que les domaines de coopération et de facilitation visant à améliorer la compréhension, l’action et l’appui sont : la résilience des communautés, des moyens de subsistance et des écosystèmes.

II. Les prévisions de production d’hydrocarbure en 2030, une option incompatible avec les objectifs de la COP 21

Dans un rapport publié le 20 novembre 2019, l’ONU Environnement s’est intéressée aux divergences entre les prévisions de production des pays producteurs de combustibles fossiles (pétrole, gaz et charbon) en 2030, et le niveau de production mondiale qu’il faudrait atteindre pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 ou 2 C°, tel qu’inscrit dans l’accord de Paris sur le climat. Cette étude révèle l’antinomie entre ces prévisions de production d’énergies fossiles et les objectifs fixés par l’accord de Paris en 2015.
En effet, les prévisions de production des pays producteurs de combustibles fossiles sont en excès de 50% pour atteindre un niveau compatible avec le scénario des 2 C°, et de 120% pour le scénario à 1,5° C. Dans le détail, l’écart le plus important constaté est celui du charbon. En fait, les estimations prévues pour 2030 dépassent de 150% le niveau convenable avec le scénario des 2°C, et de…280% pour l’objectif de 1,5°C. Michael Lazarus, l’un des principaux auteurs du rapport souligne « l’ampleur de la déconnexion entre les objectifs de l’accord de Paris, les plans nationaux (de réduction d’émissions) et les politiques de production de charbon, de pétrole et de gaz ».


III. Les seules options réellement envisageables

Pour enrayer la probabilité d’un monde qui s’étouffe et qui pourrait, à terme, s’effondrer, sous les soufflets de canicules,
  • - Les pays développés responsables des émissions de GES doivent honorer leurs contributions du fait des pertes et dommages subies par les populations des pays en développement ;
  • - Les pays développés responsables des émissions de GES doivent honorer leurs contributions du fait des pertes et dommages subies par les populations des pays en développement ;
  • - Les pays en développement doivent s’attacher à la réalisation des objectifs contenus dans leurs contributions déterminées au plan national ;
  • - La communauté internationale doit œuvrer collectivement pour coordonner les actions et moyens d’adaptation et d’atténuation nécessaires à la protection des humains et de l’environnement.

Ce sont ces arguments qui font que Les Amis de la Terre Togo réitère sa position visant à dire « Non à l’exploitation du pétrole au Togo ». cette position a été rappelée à l’occasion aux média lors de la conférence de presse tenue en octobre 2019.



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