Mettre fin au financement des énergies sales en Afrique


Depuis la signature de l'Accord de Paris sur le climat, les pays riches ont fourni près de 50 fois plus d’appui à l'exportation aux projets liés aux combustibles fossiles qu’aux projets d'énergie propre dans quatre pays africains. C'est la conclusion d'un rapport rédigé par cinq organisations environnementales Abibiman Foundation (AF, Ghana), Environment Rights Action (ERA, Nigeria), Environment Governance Institute (EGI, Uganda); Les Amis de la Terre-Togo (ADT-Togo, Togo), en coopération avec Les Amis de la Terre Pays-Bas et Both ENDS, et intitulé : « Une transition énergétique juste pour l'Afrique - Cartographie de l'impact des agences de crédit à l'exportation (ACE) actives dans le secteur de l'énergie au Ghana, au Nigeria, au Togo et en Ouganda ».

En effet, selon ce rapport publié par Both Ends, à Amsterdam, le 11 Novembre 2020, les pays riches ont couvert, grâce aux assurances, des projets d’énergie d'une valeur totale de 11 milliards de dollars américains par le biais de leurs ACE.

La non-conformité à l'accord de Paris sur le climat

Les agences de crédit à l'exportation fournissent des garanties aux entreprises qui font des affaires à l'étranger. "Malgré les accords internationaux sur le climat et les ambitions nationales en la matière, les agences de crédit à l'exportation continuent de soutenir, à grande échelle, des projets d'énergie fossile à l'étranger", a déclaré Niels Hazekamp de Both ENDS, au sortir d’une conférence de presse sur le rapport évoqué plus haut. "Cela met à mal les objectifs climatiques de Paris. Les agences de crédit à l'exportation ne jouent pas un rôle dans l'assurance de projets verts et durables.

La dépendance vis-à-vis des énergies fossiles

En soutenant l'expansion du secteur fossile dans ces pays africains, les agences de crédit à l'exportation font en sorte que les économies restent dépendantes des combustibles fossiles ; « ce, dans un monde qui passe de plus en plus aux énergies renouvelables », a expliqué Isabelle Geuskens de Milieudefensie. "Ces pays en développement risquent de se retrouver avec des dettes énormes et des infrastructures fossiles pour des décennies à venir, alors qu'à l'avenir, la demande pour leur pétrole et le gaz diminuera considérablement". L'agence néerlandaise de crédit à l'exportation Atradius DSB met déjà en garde contre les dangers des dettes énormes des pays africains qui sont économiquement dépendants des combustibles fossiles. Mais, en même temps, elle contribue à cette dépendance en continuant à soutenir les combustibles fossiles dans ces pays.

Des agences de crédit à l'exportation invitées à une transition verte et juste

Avec ce rapport, les organisations veulent soulever quelques questions fondamentales sur le rôle des agences de crédit à l'exportation dans le soutien aux énergies sales en Afrique. Hazekamp : "La vision que les agences de crédit à l'exportation ont de la durabilité est très discutable.

Le rapport appelle les gouvernements à cesser de soutenir les projets fossiles à travers leurs agences de crédit à l’exportation. Les organisations environnementales demandent également à ces gouvernements d'examiner d'un œil critique si les projets énergétiques soutenus par ces agences dans le Sud sont en mesure de contribuer à une transition énergétique juste et verte.

Le dossier de presse relatif au sujet peut être téléchargé ici