Appel en faveur d’un appui à la conservation du patrimoine naturel de la communauté d’Ando Kpomey face au COVID-19


Le Togo est un pays à faible couverture forestière. La superficie forestière totale du Togo est d’environ 287.000 hectares Pourtant, il a un taux élevé de pertes relatives de surface forestière estimé à plus de 5% entre 2000 et 2010. Entre 2005 et 2010 seulement, le Togo a perdu en moyenne 20.000 ha de couvert forestier par année. Ce coffre est en augmentation.
Les causes de la dégradation des forêts togolaises sont double : les causes directes et les causes ultimes.
S’agissant des causes directes, on peut citer : l’agriculture, l’élevage, la transhumance, l’énergie, l’exploitation de bois, l’exploitation de minerai, les incendies et feux de forêts. Quant aux causes sous-jacentes, elles sont relatives aux facteurs économiques, démographiques, naturels, politiques, institutionnels et culturels.
La déforestation a conduit à la dégradation des terres, qui ont, à leur tour, rendu les villes et les villages vulnérables aux inondations, aux feux de végétation et à d’autres événements météorologiques extrêmes.
Cette situation s’explique par une conscience écologique pas insuffisamment ancrée dans les meurs collectifs.
Cependant, à Ando Kpomey, un petit village situé à une soixantaine de kilomètres au nord-ouest de Lomé, la capitale du pays, les habitants ont très tôt compris l’importance de la biodiversité, et la nécessité de la conserver.
Pendant longtemps, en effet, ce village a été la cible de feux de végétation et de vents violents qui ont détruit les habitations et les récoltes.
Pour pallier ce phénomène, les populations ont dédié leurs efforts au reboisement tout autour de leur village. Ils ont mis en place une ceinture verte, en en interdisant l’accès à quiconque. La ceinture verte d’Ando Kpomey est gérée de façon participative par l’ensemble de la communauté qui a défini les règles de gestion et de protection de la forêt.
Aujourd’hui, la ceinture verte d’Ando Kpomey s'étend sur plus de 100 hectares et regorge de multiples variétés d’arbres et de plantes. Il fait frais en toute saison dans ce village, à cause du micro-climat qui y est créé. L’air y est pur et les enfants tombent moins malades, comparativement aux communautés voisines. Les terres agricoles sont plus arrosées que celles des autres localités.
En 2009, le village qui a créé une association, a soumis un projet de gestion durable de la forêt communautaire au Programme de micro financement du Fonds pour l’Environnement Mondial et du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Grâce au crédit obtenu, la communauté a pu diversifier ses activités et a choisi l’élevage d’escargots et l’apiculture. Une partie des revenus contribue à l’amélioration des conditions de vie des membres de l’association et de leur famille (environ 500 personnes).
L’initiative d’Ando Kpomey a eu un impact positif sur l’élaboration des politiques environnementales au Togo. Le ministère chargé de l’environnement a adopté une approche participative de gestion durable des forêts qui encourage la gestion des aires protégées par les populations riveraines.
La communauté d’Ando Kpomey accueille et partage son expérience avec d’autres communautés et organisations paysannes au Togo et au Burkina Faso. Les efforts dudit village ont été récompensés par le Prix Equateur sur la biodiversité (2012) . Les activistes écologistes, les enseignants chercheurs et les étudiants en sciences de l’environnement et surtout les touristes ne manquent pas l’occasion de visiter la forêt.
Mais, depuis l’apparition du COVID-19, on note :
Pour l’ensemble du Togo :
Sur le plan social : l’augmentation du chômage, l’apparition ou l’aggravation de la faim, la détérioration des relations sociales du fait de la peur de l’autre et la stigmatisation de personnes contaminées, la phobie de rechute pour les personnes guéries de la maladie, la réduction du bien-être ;
Sur le plan économique : la perte des revenus, le recul des activités de production, la diminution des finances publiques à cause de la baisse des recettes publiques et de l’augmentation de la dette publique.
Sur le plan environnemental : la nuisance visuelle à cause de la prolifération dans les rues de cache-nez usagées, la négligence des activités de protection de l’environnement, l’urgence actuelle étant l’utilisation des ressources pour la lutte contre le coronavirus
Pour le village d’Ando Kpomey et sa forêt, spécifiquement :
Il est établi que les revenus qui provenaient des droits de visite de la forêt sont devenus inexistants, en effet, la suspension du tourisme constitue aujourd’hui un manque à gagner criard pour la trésorerie du Comité Villageois de Développement de Ando Kpomey. Ceux qui y venaient à des fins de recherche ou pour acquérir une expérience quelconque ne sont plus légion. Si aucune action n’est entreprise, la forêt d’Andokpomey risque de ne plus susciter d’intérêt et, ainsi, perdre des pans entiers de sa biodiversité.
Ces conséquences désastreuses appellent à des réponses à la fois des pouvoirs publics du secteur privé et la société civile. Pour infléchir la situation ascendante de la maladie au Togo, il est important de renforcer les mesures prises par le gouvernement, notamment les mesures préventives. D’où l’appel que Les Amis de la Terre-Togo lance à de bonnes volontés en faveur d’un projet d’appui à la conservation du patrimoine naturel de la communauté d’Ando Kpomey.
Le projet pourrait être rendu disponible à souhait.



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